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Calderón

Pier Paolo Pasolini

 

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création le 18 octobre 2016 au Rideau de Bruxelles


Dans
 Calderón, tout est la réalité. On passe de rêve en rêve, mais c’est essentiellement un procédé rhétorique. Comme le dit Pasolini dans Pétrole, « il est impossible de passer d’un rêve à un autre rêve ». Ça voudrait dire, pour ce que j’en comprends, que nous ne passons pas d’une illusion à une autre, mais qu’au contraire l’expérience au fur et à mesure nous déniaise. À moins de vouloir rester aveugle ou niais (politiquement, existentiellement). Et peut-être que beaucoup le veulent, ceux que Pablo appelle dans la pièce « les membres normaux ».

Donc, ici tout est la réalité, même quand Rosaura croit qu’elle rêve. Comme Sigismond, le protagoniste de La vie est un songe de Pedro Calderón de la Barca, croit qu’il rêve car il ne sait pas qu’il a été endormi à dessein.

Voilà donc la bonne nouvelle : si tout est la réalité, les pires dominations matérielles et spirituelles, nos maîtres qui veulent réduire toute parole contraire, certes, mais aussi les rêves, alors l’histoire n’est pas finie. Elle est encore à faire.

On retient toujours la version officielle des vainqueurs et on l’appelle "Histoire". Pourtant Pasolini dans les Lettres luthériennes écrit cette chose si étonnante à première lecture : « c’est ce qu’on ressent qui est réel, ce sont les sentiments qui sont historiques ». Calderón alors, sans être une œuvre d’Histoire, est le portrait historique du  cœur battant des vaincus. Pasolini y rend compte en poète de leur invincible résistance, de leur irréductible existence. Ces vaincus que nous sommes tous, déjà, encore, toujours. Et de façon non-rhétorique cette fois, Calderón rend compte de la puissance qui terrifie les pouvoirs, celle des rêves comme devenirs-révolutionnaires.

 L.G

avec : Jacques Bruckmann, Pedro Cabanas, Paul Camus, Arnaud Chéron, Lazare Gousseau, Alizée Larsimont, Marie Luçon, Jean-Claude Luçon, Arthur Marbaix, Éléna Pérez
 
mise en scène et traduction française : Lazare Gousseau 
dramaturgie : Thibault Taconet
assistanat à la mise en scène :
Nicole Stankiewicz

scénographie : Didier Payen
assistanat à la scénographie :
Chloé Jacqmotte

costumes : Raffaëlle Bloch
habilleuse : Nina Juncker
lumières : Ledicia Garcia
régie lumières : Gauthier Minne
musique et environnement sonore : Raphaël Parseihian
régie son : Paola Pisciottano
régie plateau : Stanislas Drouart
direction technique : Thomas Vanneste
chargés de production et de diffusion : Jean-Yves Picalausa et La Strada
 
production : bf15 asbl, Rideau de Bruxelles, Cave Canem asbl, avec l'aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles / Service du théâtre, et du fond d'acteurs de la COCOF
avec le soutien de Wallonie-Bruxelles Théâtre/Danse, Agence officielle de promotion internationale et le soutien de la SACD